affaireconjugale

Entre Agathe, parolière de chansons, et Jérôme, dirigeant d'une start-up, c'était le grand amour. Huit ans de mariage et deux jumeaux plus tard, tout a changé : elle écrit de moins en moins, happée par l'éducation des enfants ; il s'absente de plus en plus et la délaisse pour ses maîtresses. Bafouée, rabaissée, Agathe s'interroge : aura-t-elle le courage de demander le divorce ? Commence alors un chassé-croisé entre les époux qui se déchirent jusque devant les enfants, déterminés l'un et l'autre à en obtenir la garde, et, accessoirement, à triompher de l'autre. Agathe aura-t-elle gain de cause ? Pourra-t-elle surmonter la dévastation de son monde et de ses idéaux ? Aura-t-elle droit à une deuxième chance ?
Juste, drôle, émouvant et cinglant, ce roman délibérément ancré dans le monde contemporain, dévoile les dessous du divorce.

 

Toutes les bonnes choses ont une fin... y compris les lectures agréables. Vous l'aurez compris, cette affaire conjugale ne m'a absolument pas enchantée. Face à tant de mesquinerie, d'égoïsme, d'apitoiement, de lâcheté et de facilité, je n'ai ressenti que de l'agacement. Aucune empathie chez moi pour Agathe, malgré la charge menée contre son futur ex-mari. Tout au plus de la tristesse pour les enfants qui, comme Max et Sacha, doivent vivre cette situation au quotidien, instrumentalisés et coincés entre des parents qui font passer le bien-être de leurs petits loin derrière leurs règlements de compte. Aucune empathie, vraiment, envers cette femme même pas fichue de comprendre que son mari lui prépare la même entourloupe qu'elle; non contente de ne pas deviner le piège, elle y saute à pieds joints, tout en continuant, elle, à tendre ses filets.
Le traitement me laisse sur ma faim. Voulant parler du divorce, de la difficulté à laisser en partie la garde de ses "bébés" (âgés de 6 ans...) à leur père, du phénomène du pervers narcissique, de la perte des illusions, l'auteur me donne l'impression d'aborder tout, mais rien en profondeur. Le pervers narcissique est ainsi abordé sous l'angle d'un discours théorique prononcé par une psychiatre, sorte de wikipedia assise derrière son bureau. Les relations avec l'entourage, les amis qui prennent parti pour l'un des deux partenaires, tout cela n'est vu que par les yeux de la narratrice, alors qu'un angle de vue plus large aurait apporté un plus, en nous épargnant quelques jérémiades au profit d'explications plus réfléchies sur le fonctionnement de ce fameux pervers. Et qu'advient-il finalement des preuves et des pièces amassées par les époux pendant les 3/4 du roman? Sur quoi se base le jugement rendu par le juge? Tout cela manque énormément de finesse; j'attendais beaucoup mieux de cette auteure dont j'avais auparavant apprécié Et te voici permise à tout homme, bien plus joliment écrit.
Au final, je n'en garde que l'image, très dérangeante, d'un livre écrit pour se venger d'un ex-mari et d'un divorce difficile.