décision

Un matin, Louise, excellente élève de terminale S, a un malaise en plein cours de maths. Quelques instants plus tard, elle accouche seule d'un enfant dont elle ne savait rien, qu'elle n'a pas attendu, encore moins désiré. Assaillie de questions, Louise, la jeune fille sans histoires, croit devenir folle. Pourtant l'évidence est là : ce bébé de 3,3 kg, son fils. Comment l'accepter ? Soutenue par sa famille, ses amis et les professionnels qui l'entourent, Louise va découvrir la vérité et réapprendre à vivre.

Quel beau roman jeunesse que celui-ci! Sujet tabou s'il en est, bien que de plus en plus reconnu, le déni de grossesse, et plus particulièrement ici dans le cas d'une adolescente. Louise, élève modèle, est d'autant plus choquée d'avoir donné naissance à cet enfant que cette grossesse est impossible, elle l'affirme haut et fort : elle n'a jamais fait l'amour. Et c'est sans avoir le temps de se relever de ce traumatisme (quand on y pense, accoucher d'un bébé dont on n'a jamais eu la moindre conscience, qui plus est à 17 ans...) qu'elle doit prendre ce qui est sans doute l'une des plus difficiles décisions qui soient : garder ce bébé ou l'offrir à l'adoption. 
Autour de Louise, sa famille, ses amis, des professionnels. Tous aussi abasourdis qu'elle. Ses parents qui ne comprennent pas, ses amis qui n'osent pas l'appeler, des psychologues et assistantes sociales qui pensent surtout à cette décision qu'elle doit prendre rapidement. Et au milieu de tout cela, Louise et Noé. Louise qui reste incapable de prendre son fils dans les bras, qui n'arrive pas à admettre qu'il existe. Louise qui tente de comprendre ce qui a bien pu se passer et qui est le père du bébé. 
L'auteure alterne les narrateurs. Passant dans un premier temps rapidement de l'un à l'autre afin qu'ils donnent leurs points de vue et leur connaissance des événements, elle se coule totalement dans chacun d'eux (façon de parler, âge, discours construit ou décousu... dans tous les cas, le ton et les paroles sont justes). Elle donne ensuite de plus en plus, et de plus en plus longuement, la parole à Louise, au fur et à mesure qu'elle progresse dans sa réflexion et dans sa relation à son fils. Ses impressions, ses incompréhensions et ses réactions sont prenantes, ses hésitations sur le sort du bébé sonnent très juste et serrent le coeur. Jusqu'au bout, on s'attache à elle et à Noé, on comprend ses arguments et ses craintes, tant dans un sens que de l'autre. Et on referme le livre, peut-être, en se demandant ce que l'on aurait fait, dans la même situation.
Un très bon livre, émouvant, à ne pas limiter au rayon jeunesse.