arrête

Un homme en cavale se réfugie dans une boîte échangiste et tombe amoureux d'une participante.
Un roman court, tout en tension et en émotion.

À quelques mois de la fin de sa peine, un condamné coupe son bracelet électronique et se retrouve en cavale. Il rend une visite furtive à sa fille, lui dit au revoir, lui emprunte sa voiture et roule vers Paris. Est-il devenu fou ? Veut-il se suicider ? Prépare-t-il un coup ? Il remonte à pied les Champs-Élysées, se met à l abri sous un porche pendant une averse, croise le regard d'une femme troublante. Puis il se réfugie dans une boîte échangiste où, jadis, il avait des intérêts. Dans la pénombre rassurante, il va se mettre en quête d'une arme et croiser le regard d'une femme. Celle des Champs-Élysées ? Il en est certain, mais elle lui jure qu'il y a méprise. Cela ne va pas les empêcher de s'aimer.

 

Court roman que celui-ci. Ce qui ne l'empêche pas d'alterner les points de vue, nous plaçant tantôt dans la tête de Vincent, tantôt dans celle de son frère ou encore du policier chargé de le retrouver. Les lieux sont également multiples : les Champs-Elysées, un café, un hôtel, un club échangiste, un cabinet médical, entre autres. Enfin, Serge Bramly multiplie les thèmes : il aborde ainsi le pardon, le sens de la vie, l'amour sous toutes ses formes (filial, fraternel, charnel ou encore l'amour de la poésie). 
Le tout est joliment écrit, ponctué d'extraits de poésie -appris en prison par Vincent- et les personnages sont fort bien croqués. L'intrigue se tient et on ne peut s'empêcher de tourner les pages, pour comprendre enfin le geste de Vincent : à quelques mois de la liberté, après 16 ans de prison, pourquoi prend-il donc ce risque? En cela, ce roman est diablement efficace.
Oui mais voila... en ce qui me concerne, tout est dit : (très) joliment écrit, mais sans plus. Et j'en suis désolée, tant j'ai l'impression d'être passée à côté. Peut-être avais-je besoin d'un sas de décompression après la lecture de Nos étoiles contraires, qui fut un tel coup de coeur? D'un bon polar sans prise de tête? C'est d'autant plus dommage que le résumé m'avait alléchée dès sa sortie, ainsi que sa couverture. Un rendez-vous manqué, donc.

 

rentréelittéraire

8/12