café

Café, qui es-tu ? Drogue, business, médicament, plaisir, carburant, poison, ou un ami qui nous veut du bien ? Dans les coulisses des légendes illustrant le grain sombre, au coeur d'un colossal commerce voué à l'écologie pour durer, ce récit romanesque se déguste à travers l'amitié d'un jeune aveugle passionné de cafés et de son extravagante amie d'enfance. Du Brésil au Costa Rica, du Vietnam à la Côte d'Ivoire, rien n'échappe aux regards croisés d'un torréfacteur éco responsable et d'une pimpante journaliste. L'essor de cet or brun est une véritable épopée gorgée de rebondissements, de faits d'armes parfois, plus souvent de passions partagées pour le divin breuvage, une histoire liée à l'esclavage, et tout simplement, à l'humanité. Après la lecture de ces pages qui n'épargnent ni les consommateurs, ni les industriels, vous serez peut-être enclin à changer radicalement vos habitudes de café. Attention ! Ce livre provoque une irrésistible envie de se précipiter chez un torréfacteur pour y déguster un p'tit noir d'excellence.

 

Que voila un livre original. Roman, comme le dit le titre, mais aussi et surtout documentaire. En effet, l'aspect fictionnel est ici tout à fait secondaire et, selon moi, sans grand intérêt. Je ne l'aborderai donc pas. L'intrigue ne constitue en effet qu'un prétexte pour fournir un fil conducteur et introduire l'information. Que dis-je... les informations, la masse d'informations. Car c'est une histoire du café, en même temps qu'une initiation à son art, que nous offre Pascal Marmet. Nous apprenons ainsi quelle est l'origine du café, comment et par qui il s'est répandu, comment le préparer dans les règles de l'art (éloignez-vous de ce robinet!) et quels sont ses grands crus. Pour ce que je peux en juger (n'étant moi-même pas experte en la matière), l'homme semble maîtriser son sujet et ne pas lésiner sur les références. Après son tour d'horizon, à la fois voyage dans le temps et dans l'espace, abordant aussi bien la culture que le commerce ou le marketing, mais également la problématique des trafiquants, ce sont pas moins de 30 pages d'annexes qui nous rappellent les grandes dates de l'épopée de cet or noir, ses crus, son vocabulaire, ou encore les mille et une façons de le déguster à travers le monde (j'avais déjà tenté de l'aromatiser avec de la cannelle -dont je suis folle- mais j'avoue que le sel, le poivre et la muscade me laissent assez dubitative...).

Le mélange roman/documentaire m'a paru dans un premier temps un peu déstabilisant, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit. Pour tout dire, le livre est resté ouvert aux alentours de la page 20 pendant plus d'une semaine. Effet d'une certaine fatigue, peut-être, envie de me plonger dans une fiction? Mais lorsque, à la faveur d'un congé, j'ai pu m'y plonger et y consacrer le temps nécessaire en l'abordant pour ce qu'il est (une histoire du café et non pas un roman), je l'ai dévoré en quelques heures... comme un roman, finalement.
On peut regretter un aspect parfois un peu "artificiel", l'impression que l'intrigue -fort légère- et les dialogues ne sont construits que de façon à introduire les paragraphes informatifs. Mais sans doute est-ce ce procédé qui attirera le lecteur, qui plus est néophyte, davantage qu'un pur documentaire, d'un abord plus rébarbatif.

Au final, pas mal d'informations glanées au cours de ma lecture et une énorme envie de pousser la porte d'une boutique spécialisée pour enfouir mon nez dans les sacs de grains (eh oui! le café me fait malheureusement palpiter si j'en bois plus de 2 tasses, je me contente donc rapidement de son odeur, que j'adooooooore).

Je remercie Babelio et les Éditions du Rocher pour cette découverte.
Je signale dès à présent à l'auteur, à l'éditeur et à toute autre personne concernée que j'attends avec impatience l'ouvrage consacré au chocolat Emoji

Et puis, parce qu'il n'y a pas de raison pour que je sois la seule à avoir la chanson d'Oldelaf en tête depuis plusieurs jours et à passer pour une demeurée en me déhanchant toute seule dans les couloirs et autres rayons de supermarchés... Ne me remerciez pas, c'est cadeau !