brumes

À l occasion d'un héritage, une Parisienne dont la vie bourgeoise ne souffre aucune remise en question se révèle médium, à l'aube de ses quarante ans. Cette faculté, d'abord violemment refusée, va bouleverser sa vie et l'obliger à reconsidérer son existence.

 

Que se passe-t-il lorsqu'une Parisienne, citadine jusqu'au bout des ongles, hérite d'une maison délabrée au fin fond de la campagne française? Elle prend deux jours et s'en va rencontrer un agent immobilier du cru, histoire de régler la vente en deux coups de cuillère à pot.
On se doute bien que les choses ne se passeront pas comme elle l'a décidé et que, d'une manière ou d'une autre, elle se trouvera attachée à cet héritage inattendu. Oui, on s'en doute. Mais fallait-il pour autant qu'elle baisse les armes en 3 pages et demi? Passer aussi rapidement du rat des villes très rationnel, qui ne peut survivre sans son gsm et ses dizaines d'appels quotidiens, à une jeune femme subjuguée par la nature qui l'entoure, décidant dans l'heure de profiter du fait qu'elle est désormais injoignable et se laissant totalement envoûter par le côté magique du lieu, ne m'a pas semblé très plausible.
Attention, je n'ai pas dit que le roman m'avait globalement déplu pour autant. Au contraire, j'ai été ravie de retrouver la plume de Frédérique Deghelt, qui m'avait déjà séduite par le passé. Cette fois encore, j'ai beaucoup aimé son écriture, la plongée qu'elle nous offre dans les pensées de son héroïne ainsi que dans les relations humaines. Gabrielle est à un tournant de sa vie, où elle jette un nouveau regard sur les choix posés jusqu'alors et peut envisager de les remettre en questions; et c'est un plaisir de la suivre dans le cheminement que lui construit l'auteur.
Malheureusement, mon esprit trop rationnel ne m'a pas permis d'adhérer totalement à l'intrigue. Cela aurait pu ne pas être dérangeant, s'il n'y avait eu certaines scènes, pour moi, trop surnaturelles et tirées par les cheveux.
Des retrouvailles en demi-teinte, donc, avec cette auteure pourtant appréciée. Une intrigue qui aurait pu m'accrocher davantage par un traitement légèrement différent.