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« Petite Boîte d’Os » est la fille du pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le «Déluge», enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. 
Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. 
Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fi n d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…


Vous commencez à me connaître. Vous savez que je n'aime pas critiquer pour le plaisir de démolir. Il est vrai que je choisis généralement des lectures dont je pense qu'elles devraient me plaire, je limite donc les risques de déception ou de complet plantage. D'autre part, je garde toujours à l'esprit qu'au-delà de la qualité de l'écriture, de l'intérêt de l'histoire (coucou Gideon!), du déroulement de l'intrigue, il y a aussi un lecteur, avec ses goûts (re-coucou Gideon!), son état d'esprit, son expérience, le moment de la rencontre...

Bref. Tout ça pour dire que la rencontre, cette fois, n'a pas eu lieu. Je ne suis absolument pas entrée dans ce roman d'anticipation, qui fait la part belle à la nature et à l'amour. Au point que je suis incapable de vous dire en détail ce que je pense de l'écriture ou de l'histoire. Ça ne m'a pas paru mal écrit, loin de là. Mais je n'ai pas su apprécier cette écriture. Tout comme je n'ai pas su apprécier ce monde que l'on suppose futur (mais dans quelle mesure?), d'où les oiseaux ont disparu, mais que la science a peuplé de cochons fluorescents, quasi éternels et capables de nager. On accompagne l'héroïne, au nom étrange (Petite Boîte d'Os, là où les autres personnages ont des noms tout à fait normaux, ce qui m'a amenée à me demander pourquoi ce nom, pourquoi une telle étrangeté... sans obtenir de réponse), de son enfance à l'âge adulte, puis dans sa vieillesse. On la voit se marier, devenir mère, puis veuve. On la voit perdre, petit à petit, la plupart de ceux qui comptent pour elle. C'est un récit empreint d'une grande nostalgie, d'une tristesse sous-jacente. On voit le niveau du lac, auprès duquel vit la communauté de Petite Boîte d'Os, monter régulièrement, l'auteur nous décrivant alors brièvement la remontée de leurs habitations. On comprend qu'il s'agit là d'une communauté qui a choisi de rester vivre à cet endroit, proche de la nature et de son rythme, plutôt que de quitter le village pour la ville, plutôt que de vivre comme le reste du monde (?). C'est du moins ce que l'on comprend quand l'auteur signale le passage d'ethnologues ou de "touristes". Mais Karin Serres en reste là, et je reste avec mes questions. Comment vivent-ils, au-delà du lac? C'est quoi, cette histoire de cochons? J'avoue donc sans honte que j'ai loupé le coche, que j'ai été totalement désorientée et n'ai pas pu apprécier à -je le crois- sa juste valeur la plume de cette auteure. Suis-je restée trop terre-à-terre là où j'aurais dû me laisser (em)porter?

Karin Serres a auparavant écrit pour la jeunesse, je saisirai sans doute cette occasion de redécouvrir son écriture, très plaisante, dans ce genre différent, histoire de voir si j'accroche davantage.

Et parce que je ne voudrais pas donner une vision tronquée de ce roman, voici l'avis de Julie, pour qui ce fut un coup de coeur, ainsi que celui de Laurence.

 

rentréelittéraire

 

13/12