larmes

 

Écrivain à succès, Simon Bersic ne parvient pas à surmonter la perte de sa femme et vit reclus avec son fils. Sa rencontre avec Naëlle va-t-elle lui offrir une seconde chance ? Naëlle, magnifique et mystérieuse, qui lui échappe et qu’il finira par apprivoiser. Lorsque les amants se retrouvent au cœur d'un sordide fait divers qui secoue la Belgique, Simon va devoir affronter l'insupportable. Implacable scénario, entrecoupé d'énigmatiques séquences où une petite voix enfantine s'élève dans la nuit, recouvrant le récit d'un voile d'ombre, Comme des larmes sous la pluie est un étourdissant thriller amoureux.

 

Vous connaissez maintenant l'admiration que je porte à Francis Dannemark, auteur belge aux nombreux romans, dont je n'ai (malheureusement pour moi) découvert l'existence que dernièrement (ou heureusement, peut-être... après tout, il me reste ainsi beaucoup de jolies lectures à venir). Lors de la sortie de son dernier titre, "Aux anges", son nom fut associé à celui de Véronique Biefnot, qui publiait "Là où la lumière se pose", son troisième roman. Il va sans dire que j'ai vite eu envie de la découvrir. Mais comme ses personnages sont récurrents, je tenais à commencer par le premier ouvrage, que j'ai récemment trouvé en bibliothèque.

Trêve de bavardages! Au-delà du désir de lire cette auteure, le résumé me tentait beaucoup, par sa promesse de nous emmener dans la vie d'un écrivain et, le supposais-je, dans les coulisses de son oeuvre. Je l'avoue, je suis curieuse et j'adore les articles et interviews qui nous font passer de l'autre côté, dans le bureau d'un auteur, pour regarder par-dessus son épaule quand il cherche l'inspiration, fait des recherches, élabore son intrigue. Certes, ce n'est pas le sujet principal ici, mais ça promettait d'apporter un petit plus. 

J'ai découvert une très jolie plume et, s'agissant d'un premier roman, un talent prometteur. J'étais loin d'imaginer dans quoi je mettais les pieds, ce qui m'a d'ailleurs surprise pendant tout un moment. Le roman est à plusieurs voix, celles de Simon, de Naëlle, de Céline (trait d'union entre les deux), et d'un enfant qui nous laisse deviner une vie bouleversée et bouleversante. Ici, le bien côtoie le mal, l'équilibre et le bonheur familial contrebalancent la maltraitance, la lumière empêche de tomber dans le noir absolu, et l'alternance des personnages donne du rythme à la lecture. Les pages se tournent, on a envie d'en savoir plus. Certes, il y a quelques maladresses (je pense à la rencontre entre Simon et la psychothérapeute, que j'aurais préféré lire davantage comme un dialogue, mais qui m'a plutôt fait l'effet d'un exposé). Certes, on ne peut s'empêcher d'y trouver du déjà vu ou du déjà lu, une inspiration tirée d'une certaine actualité. Certes, on se dit à un certain moment que tel rebondissement est de trop, qu'il apporte une thématique dont on se serait bien passé. On trouvera peut-être également que la vie de Céline est trop rose-paillettes, amour et bonheur, mais dans le fond, ça fait du bien. 

J'ai personnellement beaucoup apprécié l'ancrage belge très fort de ce roman. Dès les premières pages, apprendre que Naëlle travaille au Chien Vert m'a mis un sourire jusqu'aux oreilles (et je ne vous parle même pas de la description du magasin et de ses rouleaux de tissus). Les références au bois de la Cambre, au Borinage, aux hauts-pays donnent une réalité qui constitue pour moi un vrai plus.

Bref, malgré ses limites, ce roman m'a fait passer un bon moment et je me réjouis de retrouver ses personnages ainsi que la belle écriture de Véronique Biefnot. Pour moi, un bon premier roman, prometteur malgré ses faiblesses et qui appelle donc confirmation.

 

Première lecture pour le Challenge de Mira Tomique

Mira