hommes

" La bouche la plus scellée n'empêchera pas un corps de révéler ce qu'on a fait de lui. " Elles sont dix. Mères, sœurs, cousines, petites et arrière-petites-filles, elles vont chercher un oubli à L'Éden, l'institut de beauté d'Alice. Certaines sont au bout de leur existence, d'autres au début. Tour à tour, elles dévoilent leurs secrets, leur fragilité aussi. Sans rien dissimuler, elles disent la jouissance et la défaite, l'allégresse à aimer et les renoncements. Les rides et les bonheurs. Toutes sont terriblement attachantes et font face à un silence qu'elles apprivoisent. Celui d'Ève, l'absente, sans laquelle elles ont appris à vivre. Autour de son souvenir, elles réapprendront à être une famille. 

Roman choral et féminin de la rentrée littéraire, Les hommes meurent, les femmes vieillissent m'avait attirée par sa couverture, mais rebutée par son résumé. Honnêtement, il ne me tentait pas. Puis, quelques avis, notamment celui d'Yvan qui le conseillait vivement aussi bien aux hommes qu'aux femmes, m'ont décidée à le lire. J'en ressors malheureusement en partie déçue.

Une dizaine de femmes, appartenant toutes à la même famille, prennent la parole, ou plutôt nous ouvrent leurs pensées, tour à tour. Toutes fréquentent le même institut de beauté, L'Eden. Toutes parlent des relations conjugales et familiales, de la vie et de la mort, du désir et du plaisir. De l'arrière-grand-mère à l'arrière-petite-fille, de la tante à la cousine, de la belle-fille à la nièce, toutes parlent aussi d'Eve, qui n'est plus là. Eve qui a renoncé à la vie et à son fils pour rejoindre l'homme qu'elle aimait et qu'elle avait perdu. Eve qui marque autant par son absence qu'elle rayonnait par sa présence. Eve qui a laissé ou pas une lettre expliquant son geste, il y a des années de ça.

C'est tout le cycle de la vie que déroule Isabelle Desesquelles, entre nostalgie, révolte parfois, espoir et déception. La vie avec ses secrets et ses non-dit, et le poids qu'ils font porter sur ceux qui restent. Avec l'éternelle crainte de vieillir, de perdre et de se perdre. Avec ses disputes, ses tromperies, ses trahisons. Malgré ces beaux portraits de femmes et une plume assez agréable non dénuée d'humour et de tendresse, je n'ai pas été entraînée. J'ai trouvé le début un peu longuet, et la suite un peu répétitive, ressassant les mêmes thèmes à travers plusieurs héroïnes, et s'attachant trop à certains d'entre eux, et ce dans un langage parfois assez cru. J'ai regretté aussi une chronologie peu claire, faite -forcément, vu le thème- de retours en arrière, mais aussi parfois d'un certain flou. Je me suis ainsi plusieurs fois demandé si le bébé, cette fameuse petite fille qui constitue le dernier maillon de la lignée, était déjà né ou pas. 

C'est donc avec une impression en demi-teinte que j'ai refermé ce roman; avec le sentiment d'un joli talent d'écriture, mais d'une histoire et de personnages qui n'ont -bizarrement?- pas su me toucher autant qu'ils l'auraient pu.

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune, à l'initiative de Julie, sur le groupe des Lecteurs belges compulsifs. 8ème lecture de cette rentrée littéraire, et 21ème auteur découvert dans le cadre du challenge de Mira Tomique.

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