miroir brisé

Claire, une jeune fille solitaire et souvent livrée à elle-même, se glisse un jour dans une décharge laissées à l'abandon au fond de son jardin. Soudain, au milieu de toutes sortes de vieux objets hétéroclites, un vif éclat de lumière l'éblouit. Il provient d'un miroir brisé en forme d'étoile irrégulière. Le miroir est magique et le monde qu'il reflète tellement plus beau que celui dans lequel elle vit. Et si les rêves avaient le pouvoir de changer le monde ?

 

Je connais -et apprécie- Jonathan Coe depuis des années. J'ignorais totalement qu'il s'était essayé au roman jeunesse, avant de découvrir par hasard ce Miroir brisé lors de mes pérégrinations virtuelles dans mes lieux de débauches habituels. Je m'étais promis de le lire dès que l'occasion s'en présenterait, ce qui fut enfin le cas lors de ma dernière visite à la bibliothèque (où je cherchais tout autre chose, mais soit...). Le soir venu, un match de foot à la télé, il n'en fallait pas plus pour me permettre de le lire.

Je dois dire que c'est un peu perturbant. C'est un Jonathan Coe bien différent que l'on découvre dans ce court roman. Certes, le talent de l'auteur est toujours bien présent, mais l'univers est totalement différent. D'autre part, le format plus court et le public plus jeune ont forcément contribué à me laisser un peu sur ma faim. J'ai trouvé le tout un peu lisse, pas suffisamment approfondi à mon goût. Pour un public plus jeune, et qui découvre l'auteur pour la première fois, c'est certainement un très bon roman, mais il me manquait personnellement quelque chose. On se trouve ici face à un récit qui est de l'ordre de la fable, et je dois dire que je ne m'y attendais pas. Je suis restée fort surprise, par exemple, devant les descriptions qui émaillent les premiers chapitres, lorsque Claire découvre sa maison d'un autre oeil, dans le miroir. C'était vraiment très enfantin et j'ai eu, l'espace d'un moment, l'impression d'être projetée dans un dessin animé, ce qui m'a vraiment déstabilisée, au point de me demander si j'allais poursuivre ma lecture. 

Le récit se centre sur Claire, sur ses sentiments, ses premiers émois, son conflit avec une autre fille (celle que l'on a tous, un jour, dû supporter dans notre classe et que l'ont va d'emblée détester ici), sa tristesse face à l'affaiblissement du lien existant entre ses parents. Le tout saupoudré, parce que c'est Jonathan Coe, de quelques réflexions sur la société anglaise et ses laissés-pour-compte. C'est donc un texte qui devrait parler aux jeunes adolescents (et j'insiste sur "jeunes"), tout en attirant leur attention sur les réalités qui les entourent.

Enfin, le texte s'accompagne de quelques illustrations, réalisées par Chiara Coccorese, que... je n'ai absolument pas aimées. Mais alors, vraiment pas. Je ne m'étendrai pas sur le sujet, parce que je ne suis pas du tout calée et n'ai donc aucune légitimité à le faire. Je dirai simplement que l'idée n'était pas mauvaise, mais que personnellement, je n'ai pas accroché au résultat, pour des raisons finalement inexplicable : ces illustrations ne m'ont pas parlé, je ne les ai pas trouvées jolies, mais l'art étant purement subjectif, tous ne partageront pas mon avis.

C'est donc un ouvrage assez étonnant, qui me laisse une impression mitigée. Un texte, sans doute de qualité, mais que je n'étais pas prête à recevoir tel quel, m'attendant en réalité à un roman, jeunesse certes, mais de facture plus classique. De ce fait, j'ai trouvé ce récit trop simple et trop plat à mon goût. Je suis cependant très heureuse de voir que cet auteur que j'apprécie a poussé la porte de l'édition jeunesse, et j'espère sincèrement qu'il retentera l'expérience. 

 

Challenge 1 mois  1 consigne - Février : le genre favori (jeunesse, pour moi)

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