zelda

En 1918, à Montgomery, Alabama, la jeune Zelda rencontre un soldat en garnison. Il rêve de gloire littéraire, d'argent facile et d'une vie de délices. Elle, exubérante et passionnée, aspire à la liberté, loin de l'esprit sclérosé du vieux Sud. Il s'appelle Francis Scott Fitzgerald et, bientôt, il connaîtra un immense succès. Avec Zelda, ils formeront le couple phare des Années folles, emportés par le tourbillon d'une vie de mondanités, de flots de champagne et de soirées effrénées entre Long Island, Paris et la Riviera française. Mais les lendemains de fêtes sont souvent amers, et, derrière la romance, couvent les désillusions et la tragédie...

Encore une lecture commune qui m'a permis de sortir de ma pal un roman qui y avait passé trop de temps. Une LC à l'initiative de Sophie cette fois qui le couteau sur la gorge m'a sommée d'en commencer immédiatement la lecture, elle qui en était pratiquement au tiers à ce moment-là (et Monsieur de me rappeler qu'il attend depuis un an que je lise Gomorra pour lui donner mon avis...)

Avec ce roman semble-t-il assez bien documenté (je ne connais pas suffisamment la vie des personnes évoquées pour me prononcer), se basant notamment sur le courrier échangé par Zelda et son mari, Therese Anne Fowler nous emmène dans l'intimité de ce couple mythique que formaient les Fitzgerald. Jeunes, beaux, riches et célèbres, ils avaient tout pour eux. Tout pour réussir et marquer les esprits. Tout pour brûler la chandelle par les deux bouts, aussi. Entre une Zelda vive, audacieuse et décidée, et un Francis Scott Fitzgerald imbu de lui-même et de son talent, il ne faut pas longtemps pour s'apercevoir que la rencontre de ces deux-là va provoquer des étincelles. Chacun, par ses excès, par son caractère ou sa volonté, va entraîner l'autre dans une spirale, faite d'alcool, de dépenses inconsidérées, de succès et d'échecs.  

J'ai beaucoup aimé ce voyage. Voyage dans le temps, dans une époque - les années folles- qui me plaît beaucoup en littérature. Voyage à travers le monde également, les Fitzgerald montrant une certaine incapacité à rester longtemps en place. De l'Alabama natal de Zelda à New York, de Paris à la Côte d'Azur, j'ai suivi leurs pérégrinations et leurs déménagements successifs, emportant dans leurs bagages une fillette dont je me suis souvent demandé quelle vie a été la sienne. J'ai eu le coeur serré, je l'avoue, à la pensée de cette petite qui, à en croire ce que j'ai pu lire par ailleurs sur ses illustres parents, n'a pas toujours été des plus entourées, et qui fut en outre confrontée à leurs disputes incessantes, à la disparition précoce de son père et à l'internement de sa mère. J'ai ressenti également beaucoup de compassion pour Zelda, ainsi que pas mal d'énervement. Combien de fois n'ai-je pas marmonné dans ma barbe qu'elle ferait bien mieux de le planter là. Parce que oui, tout grand auteur qu'il fut, ce Fitzgerald m'a déplu au plus haut point. Je l'ai trouvé, par bien des aspects, absolument détestable, dans sa tendance à se considérer comme le seul digne de succès, au point de signer de son nom des nouvelles rédigées par sa femme! Ou comment éclipser Zelda, dès lors renvoyée à son rôle de femme, de muse, s'enlisant dans la dépression et dans ce qui s'avère, peu à peu, être une maladie mentale. 

Je l'ai déjà dit, j'adore découvrir l'envers du décor, me pencher par-dessus l'épaule des écrivains. C'est donc pour moi un des éléments les plus alléchants de ce livre, même s'il s'agit ici d'une version romancée. Un roman particulièrement intéressant donc pour qui veut entrer, par le biais d'un récit fictionnel toujours, dans l'intimité de ce couple incroyable et de son entourage (on croise ainsi Hemingway, tout aussi détestable, si ce n'est plus, que Fitzgerald). Il est également intéressant pour l'éclairage qu'il apporte sur le statut de la femme dans la société de cette époque, Zelda étant à la fois libre et sensible aux idées relatives à l'émancipation des femmes, tout en restant très soumise à l'autorité de son mari. Quelques bémols, néanmoins: le récit m'a semblé souffrir de quelques longueurs, mais aussi d'une fin bien trop précipitée, les dernières années de la vie de Zelda étant résumées en quelques lignes, comme si cette vie ne valait finalement que par la présence à ses côtés de Francis Scott. Quand je vous disais qu'elle lui était soumise... 

 

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