dérapages

Un corps d’enfant, très déconcertant, est découvert sur une plage du Nord de la France. Un cas troublant qui laisse perplexes tant les forces de police que le médecin légiste.
Même la commissaire Edwige Marion, qui dirige maintenant un important service de la PJ parisienne, n’a jamais rien vu de tel.
Au même moment, Marion récupère sa fille Nina en état de choc et couverte de sang. Nina a quitté Londres et sa sœur Angèle, clandestinement. Elle est murée dans son silence. Angèle et son mari, un scientifique renommé, ont disparu.

 

De Danielle Thiéry, je savais qu'elle fut commissaire avant de passer à l'écriture... de romans policiers, bien sûr. J'ai quand même été surprise de découvrir qu'elle en avait écrit un si grand nombre. Il était temps que je me penche sur la question, ce qui fut fait grâce à cet envoi de Babelio. 

Il est toujours difficile de lire le dernier tome d'une série sans rien connaître des précédents (La Fée, si tu me lis : ton toc va bien?). Les relations entre les héros récurrents ont eu le temps de se tisser, d'évoluer, les lecteurs connaissent normalement la vie privée des personnages principaux, tous ces éléments qui jouent un tant soit peu sur l'intrigue en cours. Mais rien d'insurmontable, les explications indispensables sont présentes, même si j'ai eu tendance à confondre plusieurs personnages de la première à la dernière page, et si je soupçonne ma méconnaissance de l'histoire des personnages d'avoir influé sur mon ressenti.

Je ne spoilerai rien en disant que la découverte d'un corps étrange sur une plage (un corps d'enfant présentant des signes internes d'un âge avancé), l'arrivée impromptue de la fille de la commissaire, et l'histoire d'une jeune maman, séquestrée chez elle avec un enfant aussi bizarre que le premier cité alors que son bébé a été enlevé, sont liées, ça figure en toutes lettres sur la quatrième de couverture. Petit moment de flottement pour ma part, durant les premiers chapitres : j'avais l'impression que les deux enfants-qui-semblent-ne-pas-en-être étaient une seule et même personne mais à des époques différentes, le roman se construisant en un mouvement de va-et-vient. Mais il n'en était rien et je suis rapidement retombée sur mes pattes. 

Les chapitres, courts et rythmés, alternent donc ces différentes affaires, qui finissent par se croiser puis se rejoindre mais que les enquêteurs peinent à relier concrètement. Le thème, bien qu'un peu tiré par les cheveux à mon sens (mais je dois bien admettre que les matières scientifiques me passent bien souvent loin au-dessus de la tête), est posé d'une façon qui peut faire réfléchir le lecteur, comme tout ce qui touche aux manipulations génétiques. L'intrigue est relativement complexe, par la multiplication des affaires parallèles et des personnages, par la popote interne et les traditionnelles mésententes entre services ou avec la hiérarchie. Mais peu à peu, on arrive à démêler les fils, en même temps que les enquêteurs, ou parfois même avec un peu d'avance sur certaines questions. 

Petit bémol personnel : j'ai trouvé certains passages assez délicats et perturbants, psychologiquement parlant, voire cruels, la prise de distance étant trop difficile pour moi, ce qui peut avoir entraîné un léger a priori sur la suite du roman et faussé quelque peu mon évaluation; de même qu'un petit quelque chose m'a chiffonnée dans les relations entre la commissaire et sa fille (mais je suppose que ça peut s'expliquer par le fait que je n'ai pas lu les volumes précédents). 

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, pour les raisons déjà citées, liées au fait que j'ai pris une série en cours de route, sans doute, mais également parce que certains aspects me semblaient trop gros, impossibles à admettre pour moi, et cela joue naturellement sur le plaisir que l'on peut retirer de la lecture et la mesure avec laquelle on se laisse entraîner. 

Néanmoins, c'est un roman policier qui fait le job, mais sans plus. J'ai eu du mal à y entrer et je ne l'ai pas avalé frénétiquement, trop chiffonnée ou agacée que j'étais par certains détails, et par la fin ne répondant pas à toutes les questions que je me posais.

Un roman à rapprocher d'un titre de Peter James (titre que je tairai pour ne pas spoiler totalement ceux qui ne l'ont pas encore lu), qui se centrait davantage sur les parents que sur les enquêteurs, proposant un thriller psychologique plutôt qu'un polar.

 

Merci à Babelio et aux éditions Versilio pour leur confiance.

masse_critique

 

 

Challenge Lecture 2015 - Catégorie "Thriller ou polar"