hester

C'est l'histoire d'une fille qui ne veut pas aller au bal de promo, d'un apprenti poète qui l'a épousée pour trouver l'inspiration, et d'un petit garçon rondouillard qui, à défaut d'être cow-boy de l'espace, est ravi de tracer la route en camping-car avec eux. L'équipée sauvage d'Hester Louise Day s'annonce comme un fiasco épique. [...]

 

C'est à la faveur d'une lecture commune avec Scarlett que j'ai exhumé de ma PAL sans fond ce roman qui m'avait fait saliver à sa sortie, et que j'avais un peu oublié après l'avoir acheté (comme souvent, me direz-vous). 

C'est un agréable moment de lecture que m'a offert ce deuxième titre de la toute jeune maison d'édition La Belle Colère. Un roman ouvert, comme le précédent Dieu me déteste, aussi bien aux adultes qu'aux adolescents, et dont l'héroïne, ici aussi, est une grande ado. J'ai quand même davantage envie de le classer en littérature adulte, plutôt qu'en jeunesse... (et en relisant mon billet consacré à Dieu me déteste, je m'aperçois que j'avais eu exactement la même hésitation à l'époque). 

Voici donc Hester, 18 ans, diplôme du collège en poche, luttant contre le souhait maternel de la voir s'inscrire à la fac, et totalement anticonformiste. A tel point qu'elle se demande parfois si ce n'est pas le monde qui lui est inadapté plutôt que le contraire. On peut franchement avoir un avis sur la question quand elle décide d'épouser le premier venu dans le but d'adopter un enfant (lequel quasi-inconnu accepte quant à lui pour une raison encore plus tordue). Bref, on l'aura compris, les personnages sont absolument loufoques, sans que l'un puisse rattraper l'autre, et le tout promet d'être un road-movie plutôt foireux et amusant, rythmé par des scènes de ménage mémorables... à condition que ces deux-là trouvent quelque chose à se dire.

L'écriture est enlevée, rythmée, parfois cynique et caustique à souhait, et c'est effectivement très amusant. Mais j'ai trouvé que ça manquait de réalisme, j'ai eu l'impression que les personnages sonnaient faux, ou disons plutôt qu'ils étaient très bien esquissés mais qu'ils restaient transparents. J'ai trouvé que ça relevait parfois plus du cliché (au niveau du langage, notamment), à cause d'un manque de profondeur, d'explications, d'aboutissement. J'aurais aimé que l'auteur creuse davantage certains aspects, comme l'attitude de la mère par exemple, qui contribue à faire elle-même de sa fille une inadaptée. Mais le fait est que l'on aurait alors abouti à un roman nettement moins léger et déjanté, et que là n'était sans doute pas l'intention de l'auteur.

Bref, j'ai le sentiment d'être restée en surface, ou plutôt à côté de la vitre, de ne pas avoir vraiment embarqué avec eux dans ce camping-car, alors que le pitch me tentait beaucoup, que l'écriture en elle-même m'a beaucoup plu et que le personnage d'Hester, complètement à côté de la plaque la plupart du temps tout en offrant parfois de grands moments de lucidité, était très intéressant. Il manquait un petit quelque chose pour que la mayonnaise prenne totalement, en ce qui me concerne.

Note pour les connaisseurs : les titres des chapitres renvoient à des chansons folk américaines, qui m'étaient bien sûr totalement inconnues, mais qui doivent apporter une saveur supplémentaire, pour qui s'y connaît. 

 

L'avis de Scarlett, plus enthousiaste que moi, est ici

 

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