règne vivant

Magnus Wallace, militant écologiste, parcourt les mers à bord de l'Arrowhead pour arraisonner les navires baleiniers qui braconnent en zones protégées. Un combat pour les droits de l'animal, une insurrection singulière qui force l'admiration, racontés dans un roman qui célèbre la beauté du vivant et la nécessité d'une prise de conscience.

Disons-le franchement : je n'ai acheté ce livre, au moment de sa sortie, que parce que j'ai beaucoup apprécié les précédents ouvrages que j'ai lus d'Alice Ferney. Attribué à un autre auteur, le résumé ne m'aurait sans doute pas attirée. Bien que persuadée que nous avons tous à oeuvrer, chacun à notre niveau, pour ne pas courir vers une catastrophe à laquelle nous risquons de plus en plus de ne pouvoir échapper, et tentant d'enchaîner les petits gestes (encore une fois à notre niveau) pour éduquer mes loulous dans une optique écologique, je n'ai pas l'âme d'une activiste et je craignais fort de ne pas me reconnaître dans ce récit (ce n'est pas pour rien, sans doute, qu'il a attendu tout ce temps avant de se voir extrait de la PAL sans fond).

Mais la plume d'Alice Ferney est telle que je pourrais prendre plaisir à lire sa liste de courses, je pense. 

Le règne du vivant est un roman engagé, un roman écologique, un pamphlet pour la défense du monde marin en général et des baleines en particulier. Le narrateur est un cameraman qui, séduit par les discours de Magnus, s'engage pour une campagne, caméra à l'épaule. Grâce à ses films, l'équipe espère notamment montrer de l'écologiste, considéré par ses pairs comme violent et trop radical, une image correspondant davantage à la réalité, replaçant ses actions dans leur contexte. La violence, oui, mais uniquement à l'égard du matériel et après sommation. Récit de cette campagne de défense des baleines, le roman a, de ce fait, un côté très "reportage", "compte-rendu". Certains passages m'ont fait penser à ce que j'aurais pu trouver dans des cours de biologie; d'autres m'ont donné l'impression d'être installée devant un documentaire (tel que Océans de Jacques Perrin, par exemple, que mes loulous ont déjà beaucoup regardé). Et ça fonctionne : on est subjugué par la danse des baleines, écoeuré par les méthodes de pêche intensive non respectueuse des conventions internationales, effaré à la pensée que nos enfants ou petits-enfants ne verront peut-être certaines espèces que dans des livres, sous la mention "disparu". 

Inspiré par Paul Watson, ancien membré de Greenpeace, dont il fut exclu pour ton tempérament jugé excessif, avant de fonder sa propre ONG et de couler des bateaux servant à la sur-pêche et au braconnage, c'est un roman documentaire, visiblement fouillé et vraiment intéressant. Hommage à ces hommes et ces femmes engagés qui ont le courage de leurs convictions, il pose la question de la nécessité et de la justification de certaines actions (que certains jugeront violentes même si elles respectent certaines règles) et il fera froid dans le dos à tous ceux que l'avenir de la planète inquiète. Fort et convaincant. 

 

16ème lecture de la rentrée littéraire 2014

challengerl2014