engrenages

Consultations chez ma psy (et plus si affinités...)
Éric n'aime pas les psy et c'est pourtant au contact de l'une d'elles qu'il connaîtra ses plus grandes circonvolutions émotionnelles.Courte, trop courte, cette relation le conduira de Bruxelles à Paris où il tentera de trouver un sens à ce qu'il a vécu avec elle.

C'est un court récit sombre, très sombre, que nous livre Éric Neirynck. Son personnage, lui-même prénommé Éric, est dépressif, alcoolique, et désespérément seul -ses relations se terminant très mal. Après bien des hésitations et des résistances, il se décide à consulter une psychothérapeute, qui le poussera à écrire. C'est le point de départ du récit, même s'il nous emmène également dans ses souvenirs. C'est cash, parfois cru, parfois marqué par une certaine forme d'humour (noir), mais aussi très sombre -je l'ai dit- et même plutôt pesant. J'ai eu du mal à en dégager de l'espoir ou une réelle envie de s'en sortir de la part d'Éric. 

Je me suis sentie un peu frustrée par la fin, totalement ouverte, le récit s'apparentant finalement à une tranche de vie, d'un moment A à un moment B. Mais je suis surtout frustrée par le manque d'explications, d'éclairages quant à certaines actions des personnages. Et là, je suis embêtée, parce qu'il va m'être difficile de m'expliquer sans spoiler... Si je comprends les motivations de la psy lors d'une certaine scène, je ne comprends pas celles de la scène suivante; ou du moins devrais-je dire que ne pas savoir comment les choses auraient dû se passer par la suite (si suite il y avait pu avoir) me chiffonne terriblement. Je ne peux admettre qu'elle avait prévu que les choses en restent là, et la lectrice que je suis n'arrive pas à se projeter réellement et complètement dans l'histoire sans savoir ce que cette femme avait réellement en tête. Si j'arrive généralement à imaginer une fin, une suite (pas forcément identique à celle des autres lecteurs, ou à celle que l'auteur écrirait s'il décidait de rédiger une suite, mais en tout cas une suite qui a du sens pour moi), je suis totalement bloquée dans le cas présent, et ça me frustre, et ça m'énerve. 

D'autre part, décalage entre l'écriture du narrateur dans le corps du récit et l'écriture du même personnage dans les nouvelles qu'il rédige et qu'il tente de publier. Le "Éric narrateur" écrit mieux que le "Éric apprenti écrivain" et ça m'a perturbée, d'autant plus que l'auteur joue sur l'homonymie avec son personnage.

Néanmoins, il y a dans la plume d'Éric Neirynck quelque chose de direct, de percutant, d'intriguant qui m'a accrochée et donné envie de renouveler l'aventure... et de lui poser quelques questions.

En effet, si j'ai eu tellement peur de spoiler, c'est notamment parce que je vous propose de venir à la rencontre de cet auteur et de ce roman. Ça se passera dans La boîte, ce lundi de 21h à 22h, à l'invitation de Frédéric Ernotte. Si vous avez envie d'être des nôtres, vous trouverez toutes les informations utiles en cliquant ici, ainsi qu'un concours vous permettant de remporter un exemplaire dédicacé de ce roman (dépêchez-vous, vous avez jusqu'à ce dimanche soir!). Et si vous ne pouvez en être, je vous proposerai, quelques jours plus tard, un compte-rendu de cette rencontre, puisque j'en serai cette fois une des partenaires. 
Edit : Eric Neirynck a malheureusement été dans l'impossibilité de nous rejoindre dans La boîte.

Je remercie pour cet envoi la toute jeune et belge maison LiLys Editions, que je vous invite à découvrir ici