fièvre et sang

Ils semblent se nourrir de sang. Leurs victimes sont retrouvées exsangues. Eva Svärta et le commandant Vauvert viennent enfin de mettre un terme aux agissements des frères Salaville. Mais les meurtres continuent, défiant toute logique. Les talents d'Eva, policière albinos dotée d'un instinct hors normes, vont la conduire aux frontières de la rationalité. Là où, à tout instant, votre propre reflet dans le miroir pourrait vous engloutir, où la part d'ombre d'Eva causera sa perte ou lui sauvera la vie... 

 

Ce roman attendait sagement son heure depuis le dernier festival Trolls et Légendes, en avril (?) dernier. Je ne connaissais alors l'auteur que de nom et (un peu) de réputation. En gros, je l'associais à Chattam. J'avais profité de sa présence sur le salon pour lui demander quel titre il me conseillait pour le découvrir. Et comme je savais que le thème d'octobre du challenge "1 mois 1 consigne" serait de lire un roman qui fait peur, je l'avais gardé bien au chaud.

[3615 ma vie]

Le moins que je puisse dire est qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Du sang, il y en a, et pas qu'un peu. Dès les premières pages, j'ai été embarquée dans l'intrigue, tremblant pour cette jeune fille qu'un sort épouvantable semble attendre. Lorsque les victimes s'accumulent, on voit et on sent la scène. Franchement, ça m'a pris au nez et à la gorge, et la nausée n'était pas bien loin.

L'écriture est rythmée, sans temps morts, avec une tension qui monte crescendo et une atmosphère parfois très lourde. Les rebondissements sont suffisamment nombreux pour tenir le lecteur en haleine sans que ça fasse too much (oui parce que je suis du genre à regretter que "trop de rebondissements tue le rebondissement", mais l'auteur évite heureusement cet écueil). J'ai par contre regretté que la relation entre les deux personnages principaux se tisse un peu trop rapidement à mon goût. Concernant ces personnages, justement, on est dans le classique (flic solitaire rencontrant une autre fliquette, collègue insupportable, petite gué-guerre) mais avec assez de caractéristiques propres pour que cela reste intéressant et novateur.

Je dois bien avouer que mon esprit très rationnel a moins accroché au versant fantastique de l'intrigue, mais c'est là un point de vue tout à fait personnel : je suis davantage amateur de thriller (à ce sujet, j'ai hésité sur la catégorie dans laquelle ranger ce roman, mais c'est clairement le fantastique qui ressort pour moi; ses lecteurs habituels me diront ce qu'ils en pensent). Comme je m'attendais à du pur thriller, ça m'a un peu déstabilisée et ça joue certainement sur mon appréciation globale.
Cela dit, compte tenu du côté un peu gore de l'histoire, c'est peut-être justement cette mise à distance induite par le fantastique qui m'aura permis de ne pas faire des cauchemars pendant une semaine, donc je ne vais pas m'en plaindre, ça aura un peu contribué à détendre l'atmosphère, et à limiter les cernes de panda aux deux nuits quasi blanches passées à le lire. 

En conclusion : j'avais raison de le comparer spontanément à Maxime Chattam. Tout comme celui-ci, je ne voudrais pas le rencontrer le soir au détour d'une ruelle. (Mais en vrai (et en pleine journée), il était hyper sympa)

 

Challenge "1 mois 1 consigne" - Octobre : Un roman effrayant

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