L'heure des fous, c'était ce vendredi, vers 21h30...

J'avais ce premier roman dans ma pile depuis quelques mois, sans avoir encore eu l'occasion de le découvrir. Nicolas Lebel étant notre hôte dans LaBoîte le jeudi 26 novembre, je me suis dit la semaine passée que le moment était plutôt bien choisi pour le sortir de la pal-sans-fond. Et je l'ai lu quasi d'une traite. Pour l'anecdote, en repartant de l'école vendredi midi, alors que je pensais avaler vite fait mon sandwich en conduisant (pas bien, je sais), j'ai finalement pris tout mon temps pour le manger dans la voiture, parce que ça me permettait de terminer ma lecture, tranquillement, sans bruit, en faisant un gros pied-de-nez au ménage qui m'attendait. (3615 ma vie, encore). J'étais tellement emballée que j'avais l'intention de rédiger mon billet le soir-même, pendant le match de foot, au nez et à la barde de ceux qui attendaient leur tour depuis 2 semaines. Sauf qu'une fois calée sur le canapé, pendant que monsieur regardait le foot, je me suis retrouvée, comme beaucoup d'entre-nous j'imagine, bouche ouverte devant les sites d'info, et usant la touche F5 pour avoir des nouvelles des copains parisiens... Se plonger dans un livre fut difficile, ce week-end. La tristesse, la colère sont toujours là, mais ne renonçons jamais à lire, à découvrir, à nous rencontrer...

l'heure des fous

Paris: un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. "Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël", ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard...
Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité. 
L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale.
Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous...

Je suis épatée à l'idée qu'il s'agit là d'un premier roman.
En plus du sujet et du cadre très original (j'aimerais d'ailleurs le cuisiner à ce sujet jeudi...), l'intrigue est super bien fichue. Sans temps mort, elle distille les indices et rebondissements petit à petit. On sent un travail de documentation, couplé à une culture (cinématographique, notamment) et une réflexion de fond sur notre société.
Les personnages sont réussis, bien dessinés, avec leur caractère bien trempé. Chacun a sa part d'ombre et sa part de lumière, même si on a parfois envie de distribuer une paire de claques à certains plus qu'à d'autres. On sent que cette petite équipe, qui fonctionne impeccablement bien malgré ses différences, va pouvoir évoluer, dans ses rapports et son fonctionnement. C'est plein de verve et d'humour, et ça fait du bien. Soyons honnête : à l'égard de Mehrlicht, mon premier mouvement fut négatif, le prenant bêtement au premier degré et n'étant pas loin de hurler au cliché (on a des idées bizarres, parfois, je vous l'accorde). Je vous rassure, à la troisième réplique, j'avais changé mon fusil d'épaule et je n'ai pas tardé à devenir fan. Et surtout, j'ai adoré ses sonneries de gsm remplacées par des citations d'Audiard. Dites-moi qu'il est possible d'avoir la même chose sur mon téléphone ! On a tellement besoin de ces fou-rires qui nous prennent comme ça à l'improviste.

Le roman mêle ainsi un très bon suspens policier à une sacrée dose d'humour et d'informations, et la sauce prend très bien, le tout étant lié par une plume agréable qui "coule toute seule". 

Un premier roman vraiment maîtrisé, un très bon page-turner, aux dialogues truculents, et non dénué d'une certaine tendresse, dont il me tarde de lire la suite (et je ne vous parle pas de l'énorme envie de revoir Les tontons flingueurs).

 

Envie de rencontrer virtuellement Nicolas Lebel? Rendez-vous jeudi prochain 26 novembre à 20h30 dans LaBoîte. Toutes les infos ici