adam clarks

Dans un XXIe siècle fantasmé où la guerre froide sévit toujours et où la conquête de Mars est en marche, c'est lors d'une soirée mondaine où les " grands " de ce monde ont l'habitude de se retrouver que l'énigmatique Adam Clarks montre son vrai visage. On pourrait le croire trop occupé à faire des courbettes aux puissants et à séduire des beautés fatales. Mais il ne perd pas de vue son véritable objectif : un rubis de 100 carats d'une valeur inestimable, exposé à la vue de tous : le Long Star. La nuit, Adam fait montre de ses talents de monte-en-l'air pour subtiliser le bijou. Personne n'a rien vu, rien entendu. Personne ? Pas si sûr... 

 

Un bref coup d'oeil sur le blog suffit à vérifier que je ne suis pas une lectrice de bande dessinée (j'en suis restée à Astérix...). Il est sans doute tout aussi visible que je suis par contre adepte de polars, même si tous ne bénéficient pas d'un compte-rendu ici. La sélection proposée par le Prix SNCF du polar, relayé par Babelio, constituait donc une bonne occasion de m'ouvrir un peu plus à ce genre. Pour autant, il ne faudra pas s'attendre à un avis très pointu de la part de la néophyte que je risque bien de rester.

Le point fort de cette BD au très grand format, de mon point de vue, réside dans ses dessins atypiques, mélange de film noir à l'esthétique années 60 et de futurisme, tout à fait en adéquation avec l'histoire. Il y a un côté uchronie qui n'est pas fait pour me déplaire, cette branche de la SF étant l'une des seules qui me plaît réellement. Ici, la Guerre froide n'est pas terminée, la course à l'espace se poursuit, mais les voitures volent déjà. Le tout confère à l'ouvrage une bonne dose d'originalité (de mon point de vue, encore une fois; souvenez-vous : Astérix, tout ça...) et un réel cachet. Tout en ombres et en obscurité, les illustrations sont une vraie réussite. Au point que finalement l'intrigue en elle-même m'a semblé presque secondaire, voire un peu brouillon. Beaucoup plus classique en tout cas, et péchant à mon goût par trop de rapidité dans le dénouement. Le fait que l'histoire est racontée par un observateur extérieur est intéressant et m'a légèrement perturbée : peinant d'abord à lui trouver un sens, je me suis ensuite demandée s'il était question d'en faire une série (impression renforcée par l'espèce de résumé introductif). Pas sûre que ce soit le cas, en réalité.

En bref, Adam Clarks est une BD qui n'est clairement pas assez longue à mon goût (c'est la lectrice de polars qui parle) et qui souffre surtout d'un déséquilibre entre les plans narratif et graphique, mais qui m'a offert néanmoins un bon moment et une chouette découverte. 

Merci à Babelio, aux Editions Glénat et au Prix SNCF du polar, dont vous pourrez retrouver la sélection BD ici.   

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