l'hommequiavul'homme

Pays basque nord, janvier 2009. La tempête Klaus vient de s'abattre sur la façade atlantique. Les rumeurs autour de la disparition d'un militant basque, Jokin Sasko, enflent. Iban Urtiz, reporter, comprend que cette affaire n'est pas un cas isolé. La jeune Eztia, soeur du disparu, lui ouvre les portes d'un monde de mensonges et de trahisons où enlèvements, tortures et séquestrations sont devenus les armes de l'ombre. Tandis que deux tueurs tentent d'étouffer la vérité, la vie d'Iban bascule dans une guerre sans pitié qui ne dit pas son nom.

 

Un moment déjà que ce titre m'intriguait. "L'homme qui a vu l'homme", oui, mais encore... Un moment également que son résumé m'avait alléchée. Babelio et le Prix SNCF du polar m'ont permis de satisfaire ma curiosité. 

C'est peu dire que ça démarre fort, entre enlèvement et torture. Ce roman, inspiré d'un fait divers réel (la disparition d'un militant basque) plonge dans les arcanes de l'ETA, de la Guardia Civil et de la guerre sale, entre pots de vin, manœuvres plus ou moins secrètes et tentatives d'intimidation plus ou moins discrètes. Au fil de son enquête, le journaliste découvre toujours plus de jeunes militants, enlevés, torturés, dans diverses affaires dont les auteurs n'ont jamais été identifiés ni même réellement recherchés. Alors que les proches de Jokin Sasko, criant leur inquiétude et leur colère, réclamant des réponses, sont à leur tour soumis à la pression policière, Iban Urtiz et son collègue semblent gêner de plus en plus de monde. Pas de grosses ficelles les concernant, d'ailleurs; Marin Ledun ne cède pas à la facilité à laquelle d'autres auraient sans doute succombé : à couteaux tirés dès le début, ils travailleront certes sur la même affaire, échangeront des informations, mais sans que leur relation ne se modifie fondamentalement et miraculeusement pour tendre vers un happy end. C'est un parti pris que j'ai personnellement apprécié.

C'est nerveux, rythmé, loin d'être inintéressant sur le plan politico-historique, mais parfois un peu long en ce qui me concerne. D'une part parce que je connais finalement bien peu ce pays basque et n'y avais donc pratiquement aucun point de repère, d'autre part -et surtout- parce que j'ai été obligée d’étaler ma lecture sur quasi un mois, d'autres romans étant venus s'intercaler pour lesquels j'étais tenue par des délais très courts (je vous en reparle bientôt). J'avais donc régulièrement besoin de me remémorer l'identité, ou plutôt l'étiquette de certains des protagonistes. Néanmoins, c'est un roman qui a su me passionner de bout en bout malgré tout. Il y a de la rage, du désespoir dans ces pages, et au-delà de la narration bien menée, savoir que tout n'est pas fictif fait froid dans le dos.

 

Merci à Babelio, aux éditions J'ai Lu et au Prix SNCF du polar, dont vous pourrez retrouver la sélection romans ici, pour cet envoi.

 

Et merci à Marin Ledun pour l'envie irrépressible de réécouter les Guns N' Roses, ça faisait bien trop longtemps...