missdumplin

 

Willowdean ne s'est jamais préoccupée de son corps. Oui, elle est ronde, et alors ? Comme elle le dit toujours, un corps parfait pour la plage, c'est son corps dans un bikini, pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle se retrouve à travailler au fast-food du coin et qu'elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom. Et autant Will n'est pas du tout surprise de le trouver attirant, autant elle est sous le choc lorsqu'il lui vole un baiser. Mais au lieu de se sentir pousser des ailes, Will commence à douter. Comment peut-il l'aimer quand le monde entier dit que les filles comme elle doivent être cantonnées aux seconds rôles ? 


Donc, Bo "porte un peu trop bien son nom". Je vous l'avoue franchement : en lisant ça, j'ai eu peur que ça parte en vrille directement. Ouf, on y échappe, malgré quelques bémols en ce qui me concerne.

Dumplin, Boulette en français, c'est le surnom donné à Willowdean (Will, pour les intimes) par sa mère. Sympa. D'autant plus quand on sait que la mère en question est la présidente-organisatrice-grand-manitou du concours de beauté Junior de Clover City (ce nom...), qu'elle a elle-même remporté avant la naissance de sa fille, après avoir perdu quelques dizaines de kilos. Elle est encore plus sympa que ça, la mère, quand elle lui passe en douce des émissions de télé-réalité dans lesquelles une coach tente de faire maigrir une pauvre fille enrobée ou quand elle compte en cachette les chips restant dans l'armoire. 

Ne nous leurrons pas, c'est US et clichés à mort. Les p'tites jeunettes minces comme des lianes, sportives, saines et dont on imagine les longs cheveux blonds et lisses cascadant dans leur dos pendant qu'elles vous lancent un sourire hypocrite mais ultra-brite. La petite ville de l'Amérique profonde qui vit 6 mois par an pour le concours de beauté junior. Ces dames du jury, ces "ma chérie!", les tables rondes avec des nappes bien repassées et des fleurs en crépon en décoration. Les élèves qui ont pratiquement tous leur voiture pour se rendre en cours dès leurs 16 ans (et qui bossent dans un fast-food le week-end). La moche acariâtre, la grosse-sympa-qui-a-quand-même-un-joli-visage-en-fait, le petit ami exemplaire, le mec pénible qui se croit drôle, le sportif, et une petite louche de jalousie. 

Bref, y a des clichés et le tout est plus ou moins prévisible. 

Oui, mais.

Mais ça fonctionne pas mal, finalement.
Ça fonctionne pas mal, parce que ça fait plaisir de voir Boulette, pardon, Will s'assumer ainsi. Elle est touchante, dans sa confiance en elle qui se fissure peu à peu, dans ses doutes, dans ses rapports avec sa mère et, surtout, avec son corps. Ce corps qu'elle pensait accepter, ne serait-ce que parce qu'il fallait bien faire avec, mais qui finit par lui poser problème dès lors qu'il devient un corps "en relation", qui peut être regardé et touché. Elle est rafraîchissante, aussi, avec sa langue bien pendue et sa passion pour Dolly Parton qui lui donne un petit côté décalé. J'ai par contre moins adhéré à la dispute entre Will et sa meilleure amie, dont j'ai trouvé qu'elle manquait un peu de naturel.
Ça fonctionne pas mal, parce que même si c'est un peu facile (il faut quand même admettre qu'elles n'en ch*ent pas autant qu'on pourrait le croire, les 4 mousquetaires du concours), il se dégage de ces pages une belle énergie qui fait plaisir et qui offre un bon moment de détente. Bref, Miss Dumplin, c'est un roman feel good pour les vacances (ce fut ma lecture post-remise de travail de fin d'études, c'est pas les vacances, mais ça y ressemble).  

Une adaptation par Disney est apparemment en projet, ce qui n'est pas vraiment une surprise à la lecture.

Pas un coup de cœur, donc, mais un bon roman jeunesse, qui multiplie, en filigrane, les thèmes touchant les ados, au premier rang desquels figure bien sûr l'acceptation de soi. Mention spéciale pour la couverture, dont j'ai vraiment aimé le rendu et le toucher.

 

Allez zou ! Un bonus !

 

Merci à Michel Lafon pour cette découverte.