hadès

 

Sydney, années 1990. 
Hadès règne sur une décharge, un univers de sculptures étranges, où des hommes viennent solliciter son aide pour faire disparaître des corps. Un soir, on lui amène deux jeunes enfants rescapés d'un cambriolage qui a mal tourné. Il s'apprête à les tuer mais leur regard froid le pousse à les adopter. Il les baptise Eden et Eric. Au fil des années, il va tout leur apprendre, dont son savoir-faire si particulier. 

Sydney, de nos jours. 
Frank Benett rejoint la brigade criminelle et fait la connaissance d'Eden, sa nouvelle coéquipière, sous l'œil malveillant de son frère et collègue Eric. Leur première enquête débute immédiatement : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Frank et Eden mettent au jour un trafic, grâce à une liste officieuse de demandeurs. 
Quand une jeune femme réussit à échapper au tueur et que d'autres corps sont retrouvés dans la maison où elle était séquestrée, la traque commence. 
Mais Frank a de sérieux doutes sur Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms d'hommes disparus qu'il a trouvée chez Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d'Hadès, la légende du crime ? 

 

Un thriller australien, ça change, non? 

Du bon et un peu de moins bon, à mon goût, dans ce roman. Le cadre, tout d'abord, qui change agréablement, ainsi que quelques personnages intéressants. Le manque de vrai suspense m'a d'abord un peu gênée, avant de me laisser prendre au jeu de l'évolution psychologique des protagonistes. L'alternance entre le passé et le présent, entre l'adoption des deux enfants et l'enquête actuelle, en fait un bon page turner, entretenant une certaine tension malgré l'absence de réelle surprise. Le tout est sombre, rythmé, avec un côté un peu cinématographique, et un bon gros méchant bien barré qui peut mettre mal à l'aise.

Cependant, le principal bémol en ce qui me concerne tient à la narration multiple, qui ne m'a pas totalement convaincue. En effet, j'ai eu le sentiment que l'auteure avait opté pour cette technique narrative dans le but de pouvoir tout raconter, tout montrer, sans trop d'efforts. Inutile de raconter en détail le fil de l'enquête et les déductions des enquêteurs, puisque le lecteur est de toute façon aussi aux côtés du coupable. Cela dit, et pour être tout à fait honnête, je pense que c'est un ressort narratif qui commence à me lasser quelque peu, d'un point de vue tout à fait personnel.

Il n'empêche que ce roman, dont la fin laisse attendre le deuxième tome, fait très bien le job, et que c'est - au fond - tout ce qu'on lui demande.