Hôtel grand amour

Au moment où Vic, 13 ans, marque le but qui qualifie son équipe, son père s’effondre, victime d’un infarctus. Il est emmené d’urgence à l’hôpital et Vic et ses trois soeurs doivent alors gérer seuls l’hôtel familial. Très vite, c’est le grand n’importe quoi ! Les clients s’enfuient, les créanciers débarquent : il ne reste plus que quinze jours pour sauver l’hôtel ! Sans rien dire à leur père…

 

Hôtel Grand Amour est un petit roman court, qui se lit rapidement, mais qui aborde pas mal de sujets plus ou moins graves. Un peu trop, peut-être? En effet, entre le deuil de la mère, vécu différemment par chacun des enfants, l'hospitalisation du père, les rapports entre frère et soeurs, les premières amours, la prise de responsabilités, les difficultés financières, l'amitié, l'envie de réaliser ses rêves, les thèmes sont vraiment très nombreux.

Le résultat? J'ai eu l'impression que ça partait dans tous les sens, sans entrer en profondeur dans les thèmes abordés. Il est vrai qu'il s'agit d'un roman jeunesse, d'où le fait que l'auteur n'a peut-être pas toujours souhaité creuser aussi profondément que je l'aurais voulu, moi, lectrice adulte et sans doute mieux armée. Sans doute a-t-il voulu garder une certaine légèreté, malgré les thèmes abordés, et proposer une lecture majoritairement récréative. Mais du coup, ça m'a un peu perturbée et j'ai eu du mal à y entrer complètement. Ça a eu pour effet, en ce qui concerne, une réelle impression de manque de réalisme, à la fois sur le plan de l'histoire et des personnages, auxquels je n'ai pas réussi à croire. Autant dans des romans relevant d'autres genres, ça peut ne me poser aucun problème, autant dans un récit qui aborde des problématiques très précises et réelles, ça me perturbe vraiment. J'ai besoin de me sentir aux côtés des personnages dans ce genre d'histoire, de leur sentir une réalité, et là ce n'était pas le cas.

Reste qu'on y trouve également beaucoup de tendresse, d'humour et même un côté carrément loufoque qui détendra sans doute l'atmosphère pour les jeunes lecteurs (mais qui n'est pas forcément ma tasse de thé). L'originalité du roman tient dans sa narration : Vic raconte son histoire sur magnétophone, et ce récit est interrompu de temps en temps, après coup, par son amie Isabel, qui ajoute ses commentaires ou des précisions qu'elle juge nécessaires.

J'en retiendrai surtout la volonté de mettre ces thèmes difficiles à portée des jeunes lecteurs (pré-adolescents, idéalement), un optimisme à toute épreuve, et un jeune héros plutôt attachant dans sa volonté de gérer sur tous les fronts et de protéger son père et sa famille. Néanmoins, le décalage entre les sujets abordés et le rythme hyper-rapide m'a dérangée.

 

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à NetGalley pour ce roman qui paraîtra le 11 octobre. 

 

Rentrée Littéraire 2017 #4