o'doul bridge

San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite.
C'est dans cette ville de l'Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes. Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d'un être cher.
Mais le voilà mêlé au meurtre d'un notable. Au moment de mourir, l'homme a composé un numéro, le sien.
Alors la tourmente l'emporte. Réveillant les douleurs du passé.

 

J'aime San Francisco. Je pourrais la jouer sérieuse et vous dire que ça date de ma découverte d'Armistead Maupin et de ses chroniques. Mais en réalité, ça remonte à plus loin et c'est moins littéraire... [Les fans d'Oncle Jesse comprendront]. Bref, j'aime San Francisco, son Golden Gate Bridge, sa baie, ses cable cars, ses maisons victoriennes, son pied de nez à Trump (et ses Chroniques). 

San Francisco, donc, où s'est réfugié Michael Ballanger, dit le French Coach, après le drame qui a détruit sa famille. Un coach de vie, qui va de conférence en émission de radio pour conseiller les autres, mais qui se bourre de somnifères, à la recherche d'un sommeil sans rêve. Technique qui ne fonctionne d'ailleurs qu'à moitié : c'est donc au cours de ces rêves que le lecteur comprend petit à petit son passé et les raisons de son départ pour les Etats-Unis.

Alors que sa fille Karine a décidé de renouer et de venir passer quelques jours avec lui, il vient justement - manque de bol - de se lancer dans une enquête officieuse, un ex-client ayant eu la fâcheuse idée de se faire abattre au terme d'une poursuite dans les rues de la ville. Cette poursuite en voiture est d'ailleurs la scène d'ouverture du roman, qui nous plonge directement dans l'action. Par la suite, le rythme ne ralentit que rarement, l'enquête alternant avec des moments plus "intimistes" durant lesquels le French Coach tente de renouer une relation avec Karine et qui nous permettent d'accéder petit à petit à son passé.

On découvre Michael par petites touches, avec ses défauts, ses zones d'ombre et finalement ses faiblesses, ce qui le rend de plus en plus intéressant au fil des pages. J'aurais aimé que sa fille et surtout son amie Kim soient davantage creusées : je les ai trouvées trop peu présentes, ou du moins dans un rôle un peu trop répétitif à mon goût. Cela dit, la fin laisse présager une suite, et j'espère bien que leurs personnages seront toujours présents, et s'étofferont au fil du texte. Gros bémol par contre pour le vilain flic que j'ai trouvé beaucoup trop caricatural, mais mention spéciale pour le journaliste légèrement parano qui file régulièrement un coup de main à Michael.

En conclusion, un chouette policier, rythmé, présentant un personnage plus complexe qu'on pourrait le croire à première vue, et servi par une écriture vraiment agréable. Dévoré en deux soirées alors que j'étais k.o. (merci la rentrée), c'est plutôt bon signe, non? 

 

Merci aux éditions Taurnada pour cette découverte !

 

Rentrée Littéraire 2017 #5