Sa mère

Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre  ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance.


Voila bien 2 ans que les copines hurlent à la pleine lune pour que je lise Bilqiss. J'ai promis-juré, et j'en ai bien l'intention... mais vous connaissez la dure loi de la PAL : il y a toujours un petit nouveau qui passe sous le nez du livre qui attend sagement. Bref, c'est avec Sa mère que j'ai finalement découvert Saphia Azzeddine (envie de la découvrir autrement que via la vision tronquée et quasi-insultante d'un certain petit roquet, aussi...) et c'est entre deux corrections et une biographie de Voltaire (sa vie, son oeuvre, sa meuf, diraient mes élèves) que je trouve enfin le temps de poster un minuscule billet (pourquoi diable les journées ne font-elles toujours pas 48h?).

Marie-Adélaïde, donc. Abandonnée à la naissance, pas très heureuse dans sa famille d'accueil, un passage par la case prison, et un boulot plus alimentaire que passionnant à La Miche dorée, qu'elle laisse un jour tomber pour devenir la nounou un peu grande gueule des enfants de la Sublime, bourgeoise alliant classe et moyens. Des moyens, sa mère biologique devait en avoir également, si elle en croit la marque du doudou avec lequel elle a été confiée à l'assistance publique. Marie-Adélaïde décide donc un jour de se mettre en quête de cette mère et de sa propre identité. C'est qu'elle a du mal à trouver sa place, entre ce X qui l'obsède, ce prénom qui la place en marge du milieu dans lequel elle évolue mais qui n'est pas suffisant pour se faire une place dans la bourgeoisie. Mais elle a de la volonté, et un sacré culot.

Les copines (toujours elles) m'ont dit avoir préféré Bilqiss. Je ne peux bien sûr pas comparer, mais j'ai en tout cas vraiment aimé cette façon qu'a Saphia Azzeddine de dégommer tout ce qui passe à sa portée (sauf qu'elle ne s'en prend qu'à des personnages de papier, elle), son franc-parler et son cynisme. Les pensées de Marie-Adélaïde ne suivent pas un fil très linéaire, mais l'écriture est tellement vivante et agréable que ça se lit vraiment facilement et avoir plaisir. Par contre, j'ai trouvé qu'elle restait un peu trop en surface et n'ai pas vraiment accroché à la fin. Mais j'ai (heureusement) toujours Bilqiss qui m'attend, pour retrouver son écriture avec un personnage et un contenu plus forts visiblement que dans ce dernier roman.

Merci à NetGalley qui m'a permis de découvrir cette auteure !

 

Rentrée Littéraire 2017 #9