MalcolmX_

Je m'appelle Malcom. Je suis le fils de mon père. Et ils seront toujours à mes trousses. Mais je ne plierai jamais.

 

Biographie romancée écrite par la fille du militant des droits des Afro-Américains, ce roman se situe avant que Malcom Little devienne Malcom X. C'est toute son enfance et sa jeunesse qui nous sont ici racontées, depuis la mort de son père, militant, prêcheur, assassiné par une branche du Klu Klux Klan jusqu'à sa découverte de Nation of Islam en prison et à sa conversion. De son père, il a gardé le souvenir obsédant de ses prêches (Debout, puissante race...) et le sentiment d'avoir été abandonné. En pleine Dépression, sa mère ne parvient plus à joindre les 2 bouts pour élever ses nombreux enfants. Lorsqu'elle est internée, Malcolm est séparé de ses frères et soeurs et placé en famille d'accueil, avant d'être recueilli par sa demi-soeur. On suit ainsi l'adolescent qui passe d'une petite ville de l'Amérique profonde, dans laquelle son intelligence et son ambition se heurtent - ségrégation oblige - au fait de "n'être qu'un Nègre" à Boston, puis Harlem. Goûtant à une certaine liberté, à l'argent facile et à l'alcool, puis à la drogue, il se détache peu à peu de l'éducation qu'il a reçue et ses préceptes de son père. Ce père qui lui avait tant répété qu'il pouvait devenir qui il voulait, faire ce qu'il voulait, forgeant sa volonté et sa détermination, autant que son désenchantement peut-être. C'est qu'à l'époque, lynchages, intimidation et humiliation pouvaient stopper bien des rêves.

Quelques 430 pages, donc, sur la jeunesse, les espoirs et les errements de celui qui allait devenir Malcolm X - ou El-Hajj Malek El-Shabazz - avant d'être assassiné à 40 ans. Et je dois bien avouer qu'elles m'ont paru parfois bien longues, ces pages. Pas inintéressantes, mais très détaillées sur certains aspects qui, peut-être, me passionnaient moins. A vrai dire, je pensais que Malcolm X serait également abordé, mais l'histoire s'arrête à sa "naissance". La fin m'a semblé extrêmement rapide par rapport aux années qui ont précédé, et j'ai trouvé cet empressement dommage, parce que c'est peut-être la période qui m'aurait le plus intéressée, personnellement.

Néanmoins, j'ai apprécié cette lecture, notamment pour l'arrière-plan historique, sa description de la vie des Afro-Américains dans les années 40 dans le nord des États-Unis. C'est aussi un bel hommage d'une fille à son père, elle qui dut - tout comme lui - se construire avec son absence.

 

Merci à Babelio et aux éditions Bayard

 

Rentrée Littéraire 2017 #10