oscillations du coeur


Discrète et fleur bleue, la Japonaise Aïko Ishikawa est une designer textile talentueuse. Veuf inconsolable, l'écrivain Jean-Marc Poulain se définit lui-même comme une " ancienne gloire de la littérature ". Quant à la déroutante Angélique Meunier, elle est mathématicienne au CNRS. 
Que peuvent bien avoir en commun ces trois personnages ? En apparence rien, sauf peut-être leur amour pour de curieux petits jouets vintage appelés culbutos. Par hasard, ils découvrent que certains de ces joujoux renferment de mystérieux messages : " Le phare m'appelle ", " Les amants sont des âmes sœurs ", " Demain je pars "... 

 

En ce début d'année (quoi, je ne vous ai pas encore souhaité une bonne année? on n'est que le 14 février, je suis large!), j'ai eu envie  besoin  une nécessité vitale de légèreté. Je ne me précipite pourtant pas, habituellement, sur les feel good, craignant les rires en boîte un peu forcés. Mais il faisait froid, la période s'annonçait longue et les élèves pénibles, j'étais fatiguée, alternant réunions, formations et rdv médicaux. Bref, c'était pas le moment pour un bouquin hyper sérieux, il me fallait un truc sans prise de tête. Et puis y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis (et oui, j'utilise des tournures familières si je veux).

On suit ici trois personnages qui n'ont a priori aucune raison de se rapprocher, mais qui vont se retrouver autour d'un jouet de notre enfance : des culbutos (dont j'ai appris au passage qu'on les appelle également des poussah). Angélique est une mathématicienne, une "tête", sans le moindre ami, et qui vit toujours chez ses parents à 35 ans. Aïko, japonaise, est designer. Elle est venue vivre dans le sud de la France pour se rapprocher de Claudine Casserole, une chanteuse des années 70 que sa grand-mère admirait, et créer des imprimés textiles inspirés par des poussah. Enfin, Jean-Marc, auteur d'un unique succès littéraire, tente de faire le deuil de sa femme, décédée dans un accident de voiture. Chacun découvre un jour un court message à l'intérieur d'un culbuto. Au fil de leurs recherches sur la toile, ils finissent par se rencontrer et tenter de découvrir l'origine de ces mystérieux bouts de papier. 

Trois personnages très différents donc, chacun ayant un rôle à jouer, au sein de ce trio improbable, dans cette quête tout aussi improbable. Pensez donc : les voici qui traversent la France pour trouver des traces de la fabrication des fameux culbutos, dont l'usine a fermé ses portes depuis des années. Si je regrette un peu qu'ils soient stéréotypés, j'ai par contre beaucoup apprécié le personnage d'Angélique : une héroïne, autiste, comme on a peu l'habitude d'en voir dans les romans. La fin m'a également paru un peu facile, prévisible et trop remplie de bons sentiments à mon goût.

Néanmoins, c'est un roman qui a parfaitement accompli sa mission : léger, il m'a vidé la tête, tout en me proposant des personnages somme toute plutôt attachants et un point de départ très original. Il m'a aussi fait découvrir le Gömböc (wiki est votre ami) dont j'ignorais absolument tout et ... auquel je n'ai RIEN compris malgré ledit wiki (mais on trouve sur la toile des vidéos à l'effet un peu hypnotisant, ça contribue à vider la tête, donc Gömböc fut - brièvement - mon pote :p

Merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte, entre nostalgie, tendresse et sourire.