Courbet

Gustave Courbet fut un rebelle, André Houot retrace son parcours créatif agité à l'occasion du bicentenaire de sa naissance. " ... quand je serai mort, que cela soit dit de moi : "Il n'appartenait à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, encore moins à aucun régime sauf le régime de la liberté " Gustave Courbet

 

Gustave Courbet choquait, mais pas seulement pour le tableau auquel on pense. En réalité, ce fameux tableau, L'origine du monde, ne risquait pas de choquer qui que ce soit de son vivant, puisqu'il a longtemps fait partie de collections privées. Par contre, le peintre, figure de proue du Réalisme, représentait les choses et les gens du peuple, tels qu'ils étaient... et forcément ça ne pouvait pas plaire aux partisans de l'idéalisme et du Romantisme, qui lui reprochaient de peintre "le laid". Dès lors, il eut parfois du mal à se faire exposer, d'autant plus qu'il n'acceptait pas facilement de se plier à l'approbation d'un jury. 

Ça, c'est ce que je savais déjà. J'ignorais par contre totalement qu'il avait tâté de la politique et fini sa vie en Suisse, après avoir été reconnu coupable du renversement de la colonne Vendôme. 

C'est justement en Suisse, à la fin de sa vie, que débute cette bande dessinée, lorsqu'attablé dans un café, il raconte ses souvenirs à un jeune client de passage. Souvenirs d'une vie qui le mène d'Ornans, bourgade de Franche-Comté où il avait grandi et aimait se ressourcer, à Besançon puis à Paris. Une vie de rébellion ou de scandale, durant laquelle il a toujours donné la priorité à son art, au détriment des femmes ayant croisé sa route. 

Le format a très certainement obligé l'auteur à opérer des coupes plus ou moins importantes, et à passer rapidement d'un personnage annexe à un autre, mais je suis ravie d'avoir pu découvrir rapidement l'essentiel de la vie de ce peintre dont le travail m'a plusieurs fois interpellée, et de redécouvrir certaines de ses célèbres toiles.