Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. 


Maurice, irlandais, veuf inconsolable de 84 ans, dont le fils s'est exilé aux Etats-Unis, s'offre une soirée au bar d'un hôtel. Au fil des stout et de whiskys, il se remémore sa vie et porte un toast aux personnes qui l'ont traversée et marquée.

C'est un roman un peu grave, un peu doux-amer. Un roman sur la solitude et les regrets. Sur la vie et ses saloperies.
J'ai souri parfois, devant le franc-parler de Maurice. J'ai compati à ses peines, à ses pertes. J'ai vécu avec lui ses inquiétudes et ses colères de gamin largué à l'école, et son admiration enfantine pour son grand frère. J'ai assisté à sa rencontre avec le grand amour de sa vie, aux petits bonheurs et aux tracas de la vie conjugale et parentale.
J'ai écouté ce que cet homme un peu bougon s'est révélé incapable de dire, dans cette Irlande rurale où les sentiments ne s'expriment pas facilement. Je l'ai écouté dérouler le fil de sa vie, depuis son entrée - très jeune, et pratiquement illettré - au service de la riche famille du coin, jusqu'au propriétaire terrien bourru qui privilégie un peu trop les affaires, au détriment de sa famille.
Des regrets, des silences et des peines, disais-je. Mais aussi des joies simples et de l'amour. Parce qu'au fond, ce livre est un roman d'amour(s). Et c'est avec un gros nœud dans la gorge que j'ai dit au revoir à ses très beaux personnages.

Merci à Babelio et aux éditions Delcourt