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Ce que Marguerite lit
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30 mars 2014

Une saison à Longbourn - Jo Baker

longbourn

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier.
À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

Tombée amoureuse, je l'ai déjà dit, du classique Orgueil et préjugés de Jane Austen il y a quelques mois, j'ai été absolument ravie de recevoir il y a quelques jours un des désormais nombreux dérivés de l'oeuvre de la romancière anglaise. La surprise était totale, n'ayant pas reçu le mail de Babelio m'annonçant que j'avais été sélectionnée. C'est donc avec empressement que je me suis plongée dans ce roman, qui sortira ce 2 avril.

Nous voici donc plongés dans l'envers du décor, auprès de personnages qui n'étaient que des ombres dans l'oeuvre originale et qui prennent ici corps et parole. On s'attache particulièrement à Sarah et à sa vie difficile, jeune fille à la fois ancrée dans sa réalité, veillant au travail bien fait, au bien-être de ses employeurs, mais aussi amoureuse et rêveuse à un avenir autre que celui qui lui semble tout tracé, et portant un regard de plus en plus critique sur cette petite aristocratie qui l'entoure.

Découvrir les Bennet à travers le regard que portent sur eux leurs domestiques nous offre l'occasion de les appréhender autrement, de considérer par exemple Mrs Bennet d'un oeil plus bienveillant. On perçoit également, en fin de récit, une autre vision d'Elizabeth, exprimant ses craintes à l'égard de la vie conjugale, ou confrontée à la difficulté de trouver sa place dans sa nouvelle vie, à Pemberley.
L'auteur semble s'être documentée sur ce qu'était la tenue d'une maison de cet ordre à l'époque et le roman nous plonge au coeur de la cuisine, déroulant lessives, raccommodages et autres pâtisseries, en ne nous épargnant pas les aspects peu ragoûtants du métier. Cet angle de vue permet de s'interroger sur la place de la femme dans la société de cette époque, place d'autant plus difficile lorsque l'on appartient, en plus, à la classe inférieure. L'auteur ouvre également son récit sur l'arrière-plan historique, abordant notamment davantage les guerres napoléoniennes que ne l'avait fait Jane Austen.
Jo Baker a eu l'intelligence de suivre le canevas d'Orgueil et préjugés. Ainsi, les événements principaux de ce dernier, voyages, bals, visites, sont évoqués, et des ponts sont jetés entre les deux romans, Sarah nettoyant ainsi inlassablement les ourlets des robes d'Elizabeth, dont on sait, grâce à l'oeuvre de Jane Austen, qu'elle aime les longues promenades dans la campagne boueuse. Il vaut mieux, cependant, lire Orgueil et préjugés en premier : les événements étant évoqués mais non approfondis, le lecteur non averti risque de ne pas saisir aisément toutes ces références. 
Il m'a également paru une bonne idée d'intégrer l'infâme Wickham dès la première partie du récit, de manière à préparer la suite, sans quoi la fugue de Lydia eût été difficile à introduire.

Par contre, refaire le passé ne m'a pas semblé d'un grand intérêt, et l'histoire aurait tout à fait pu se passer de ce subterfuge. 
Enfin, et c'est ce qui m'a en fait le plus dérangée, je regrette que la langue (la traduction?) ne soit pas de la meilleure qualité. Outre quelques fautes de frappe ou d'accord (du style é/er), j'ai trouvé que la ponctuation laissait franchement à désirer, de même parfois que le choix des temps utilisés. Considérez que je suis psychorigide ou que j'ai du mal à poser son bic rouge en rentrant chez moi, mais c'est le genre de détail qui m'énerve vite et me prive d'une partie de mon plaisir de lire.

Au final, une réécriture, intéressante sur le plan historique et social, globalement assez réussie malgré quelques bémols.

Merci à Babelio et aux éditions Stock pour cette découverte.

masse_critique

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Commentaires
Y
Un bon roman mais que j'ai trouvé un peu plaqué sur Longbourn sans vraie nécessité... les rapports entre la domesticité et les maitre n'étant jamais vraiment explorés, cela pourrait parfaitement se passer n'importe où... dommage
Répondre
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