Freestyle (tomes 1 et 2) - Soprano
Tout est possible quand tu sais qui tu es
Passionnés de musique, Saïd et Rachid rêvent de monter un groupe. Mais dans leur cité, comment se créer un futur?
Quand leur nouvelle professeure de français leur fait étudier la poésie et leur enseigne le pouvoir des mots, Saïd a une révélation. Il va lui aussi se lancer dans l'écriture, donner du rythme à ses textes et s'inventer un destin : celui de Soprano.
On le sait : j'aime découvrir les coulisses de l'écriture, la vie de rêve des écrivains... alors pourquoi ne pas se pencher pour une fois sur l'expérience d'un chanteur? 😉 D'autant que Soprano, alias Saïd, est de Marseille (comme Mr Marguerite) et que mes garçons l'apprécient. Je me disais que ça pourrait être une chouette lecture commune avec mon fils aîné.
Sur le fond autant que sur la forme, c'est clairement une série destinée aux enfants de 10-12 ans, et surtout à ses fans. Ça parle de potes, de filles, d'école, de devoirs et de musique, avec beaucoup de légèreté, et un pointe de sérieux lorsqu'il aborde le racket. Pour autant, je n'ai pas dû me forcer à lire ces deux premiers tomes.
Je ne sais pas si le loulou prendra le récit pour argent comptant, mais - moi qui adore essayer de dénouer le vrai du faux (coucou à Dephine de Vigan et Olivier Adam) - je me suis prise au jeu de deviner la part de réel, de romancé, de rêvé, dans cette histoire. Je dois bien sûr admettre que le passage de "l'école c'est trop bof" à "ma prof a changé ma vie" est un peu facile, mais finalement n'a-t-on pas aussi besoin, parfois, d'y croire? Croire - en tant qu'enseignant - qu'on peut faire la différence. Croire - en tant qu'ado - qu'on peut quitter une voie qui semble toute tracée, tendance cul-de-sac, pour vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie. Croire - en tant que parent - que nos enfants peuvent savoir ce qu'ils veulent, ce qu'ils valent, et qu'ils ne vont pas forcément se planter en suivant leurs envies.
Et puis franchement, il est bien sympa, Soprano; ça fait plaisir d'en savoir un peu plus sur lui et son parcours. Je pense mettre les deux tomes à disposition de mes élèves, si j'ai de nouveau des élèves de première (= 6ème en France 😉 ) pas trop copains avec la lecture, cette année.
Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon














