élite

 

Aller à l’Université, c’est intégrer l’élite. Cia le sait. Cia le veut. Mais la sélection sera sans pitié. Bienvenue au Testing.

C'est sur les conseils de Paikanne que je me suis décidée à lire enfin ce roman, qui patientait depuis quelques mois dans ma pal, alors que je séchais totalement sur le thème d'avril du challenge "1 mois - 1 consigne". Prenant goût à la dystopie depuis un petit moment, c'était l'occasion d'en découvrir une nouvelle. 

Je dois dire que le début fut quelque peu laborieux, j'ai eu une impression de déjà vu, j'ai eu peur de m'ennuyer. 

Après une succession de guerres, le monde est dévasté. Les terres sont brûlées, les cours d'eau empoisonnés. Quelques colonies, composées d'à peine plusieurs milliers d'habitants, survivent, certaines plus difficilement que d'autres, sous l'égide de la Communauté Unifiée et de sa capitale Tosu. La Colonie des Cinq Lacs est l'une d'elles, pas trop mal lotie d'ailleurs, grâce au travail du père de Cia, agronome. Chaque année, la Communauté Unifiée sélectionne les meilleurs élèves de chaque colonie et les invite à passer un test. Les meilleurs d'entre eux (les plus intelligents, mais aussi les plus résistants, voire les plus manipulateurs) peuvent alors intégrer l'université. Ils constitueront la future élite, celle qui contribuera à remettre le monde sur ses rails. J'ai dit "invite"? Le terme est mal choisi : quand Tosu vous sélectionne, vous n'avez pas le choix. Et pour gagner, il faut survivre. 

Une impression de déjà vu, disais-je, parce que ce récit n'est pas sans rappeler Hunger games et Divergent. Un futur hypothétique, une Terre dévastée, des colonies qui font un peu penser aux factions, et un concours dans lequel on peut être amené (voire encouragé ou obligé) à éliminer les autres pour survivre : les ingrédients sont connus, rien de neuf a priori. Mais alors que j'émettais quelques doutes sur l'intérêt de remettre le couvert, Joëlle Charbonneau introduit quelques éléments qui ont réveillé mon attention et ma motivation, qui ont piqué ma curiosité. Les Cinq Lacs semblent cacher quelques secrets, et tous ne sont peut-être pas ce qu'ils prétendent être. Il a suffi de quelques pages pour renverser la vapeur : j'étais ferrée. J'ai laissé Cia m'entraîner dans son monde. Je l'ai suivie dans les épreuves successives, appréciant sa droiture, son attachement à son éducation. Malgré la crainte éprouvée au début de ma lecture, je ne me suis pas ennuyée, grâce au rythme imprimé au récit, à l'écriture, aux personnages, tantôt touchants, tantôt ambigus, et j'ai fini ma lecture totalement immergée dans l'histoire.

Au-delà de l'intrigue, du test, des risques encourus par les héros, le message sous-jacent est, comme dans d'autres dystopies, juste glaçant parce que crédible. Qu'ont-ils fait de la Terre? Qu'ont-ils fait de l'Humanité, celle avec une majuscule et celle qui réside en chacun de nous? Comment peut-on, comme dans Hunger Games, considérer comme normal qu'un jeune en tue un autre pour survivre? J'aime beaucoup, décidément, ces romans qui nous amènent à réfléchir sur les dérives d'un système que l'on pense, au départ, édifié pour notre bien. 

Si vous avez aimé d'autres dystopies, et si vous pouvez en faire table rase (histoire de ne pas avoir l'impression de rabâcher, dans un premier temps), alors L'élite est pour vous. Si vous avez envie de rencontrer Cia, de l'accompagner, de réfléchir, trembler, souffrir et vous sentir devenir parano avec elle, au point de débuter une nouvelle trilogie, la découverte en vaut la peine.

 

Challenge 1 mois 1 consigne - Avril : Young adult

Challenge1mois

 

 

Challenge US

challengeus1