biggame

Comme tous les garçons de son village, et ce depuis des générations, Oskari est envoyé dans la forêt vivre le rite d’initiation qui fera de lui un homme à la veille de ses 13 ans. Sa mission : chasser un animal sauvage. Peu habile, Oskari est la risée des autres adolescents. Livré à lui-même en plein coeur de la forêt boréale, il s’apprête à rentrer bredouille, lorsqu’un avion explose sous ses yeux. Près du lieu de l’accident, il découvre une capsule de sauvetage où ne se trouve rien de moins que le président des Etats-Unis ! Oskari est alors investi d’une toute nouvelle mission : sauver l’homme le plus puissant au monde des terroristes qui le pourchassent.

 

Ce roman est, si j'ai bien compris, l'adaptation en anglais du scénario finlandais d'un film britannico-germano-finlandais (avec Samuel L. Jackson dans le rôle du président des États-Unis dont l'avion s'écrase au pied d'une montagne finlandaise). Et je dirais que cela se sent, de la première à la dernière page. On est en effet dans l'action, dans la succession de mouvements, de déplacements, de dialogues, d'actions et de réactions. Rares sont les moments où l'auteur nous emmène dans les pensées de ses personnages. Par exemple, lorsque le président pense connaître l'identité de la personne qui se trouve à la source de ses ennuis, il commence une phrase à ce sujet et la laisse en suspens. Le lecteur découvrira le suspect plus tard, quand il y sera "physiquement" confronté, et il n'aura pas forcément d'explications sur le raisonnement du chef d'état. J'ai vraiment eu l'impression d'être dans le siège d'un téléspectateur, d'assister à la fuite des deux héros poursuivis par des vilains méchants, mais à aucun moment je ne me suis sentie impliquée ni même inquiète. Cette façon de procéder plaira peut-être à certains lecteurs, ravis de cette simplicité et de ce déroulé qui leur est offert, mais elle ne m'a malheureusement pas enthousiasmée. J'ai besoin de me sentir plus proche des personnages, et pas uniquement physiquement. D'autre part, la simplicité se ressent également dans la langue utilisée. Certes, cela traduit le fait que le narrateur est un garçon de 13 ans, mais j'ai trouvé les phrases trop simples, leur structure répétitive et le style plutôt plat. Cela manquait pour moi de variété, de "vie". 

Vite lu parce que facile, parfois tiré par les cheveux et manquant de crédibilité (un congélateur? vraiment?), c'est un roman jeunesse qui peut "faire le job" et plaire aux plus jeunes, via l'aventure vécue par ce jeune garçon appelé à se dépasser et à se révéler aux autres et à lui-même, mais qui me laisse une impression très mitigée. En réalité, j'ai vraiment trop ressenti cette sensation d'être face à l'adaptation très simplifiée d'un film (si je compare à la bande-annonce). Cela m'a vraiment gênée et je n'ai pas réussi à me laisser emporter. Je serais curieuse, donc, de lire des avis de lecteurs plus jeunes et/ou branchés romans d'aventure, dont il faut bien avouer qu'il ne s'agit pas de mon genre de prédilection.

 

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour leur confiance.